02.07.2008

Le co-fondateur d'Action Directe aurait des projets communs avec Olivier Besancenot, patron de la LCR

action-directe.jpgFRANCE. Le week-end dernier, Olivier Besancenot a lancé les bases du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) destiné à lui permettre de rassembler l'extrême gauche au-delà des militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Mais, la semaine dernière, le « Canard énchaîné » a révélé que Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action directe, était intéressé par ce nouveau parti. L'ex-compagnon de Nathalie Menigon - la pasionaria d'Action directe - aurait rencontré à ce sujet Olivier Besancenot lors de sa venue à Marseille le 7 juin pour une réunion sur le nouveau parti.

Condamné pour les meurtres du général Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986, Rouillan est depuis décembre 2007 en régime de semi-liberté à Marseille. Dans la journée, il travaille pour un éditeur et le soir il retourne dormir en prison. Evoquant le nouveau parti anticapitaliste (NPA), l'ancien terroriste a expliqué y voir « un espoir pour plein de gens qui en ont marre de vivre sans instrument de lutte ». « C'est moi qui suis allé vers eux, j'ai été reçu tout simplement », explique-t-il. Selon son avocat, Jean-Louis Chalanset, à qui Rouillan a fait part de son intention, rien ne s'oppose juridiquement à ce que son client adhère à un parti politique.

A Marseille, les amis de Besancenot confirment effectivement que le cofondateur de l'organisation terroriste Action Directe rencontre régulièrement des membres du comité local de création du nouveau parti. 

 
« On ne demande à personne un bilan de son passé », a déclaré Samy Joshua, membre de la direction de la LCR dans les Bouches-du-Rhône, expliquant que cet intérêt de Rouillan pour le futur NPA n'a pas soulevé de protestation. Mais il semble que pour l'instant, tous les militants ne soient pas encore au courant.
Même écho à la direction de la LCR où on minimise l'affaire. « C'est une petite histoire pour nous, assure Pierre-François Grond, l'un des dirigeants de la Ligue. C'est géré par le comité de Marseille. Si Rouillan est conscient que ses anciennes méthodes ne sont pas les nôtres, on ne voit pas pourquoi on s'opposerait à sa venue. » Alain Krivine, figure historique de la LCR, estime normal qu'Olivier Besancenot ait rencontré Rouillan dans ce cadre, et trouve aussi que l'affaire est « secondaire ». 

La LCR a par ailleurs protesté contre les conditions d'incarcération des membres d'Action directe.