14.07.2008

ADEN, l'éditeur "engagé" de T. Derbent, alias Bertrand Sassoye

logo_aden.gifBELGIQUE. Les livres de Bertrand Sassoye publiés sous le pseudonyme de T. Derbent ont été édités par la maison d'éditions Aden.
Les éditions Aden sont dirigées par Gilles Martin, proche du Parti du Travail de Belgique (PTB), mouvement politique stalinien-maoïste.
 
"Nous avons envie d'éditer aussi bien des anarchistes, que des communistes ou des écolos radicaux (...)", peut-on lire sur le site internet des éditions Aden.
Au catalogue des éditions Aden, on trouve en effet des ouvrages de Che Guevara, Engels, Lénine, mais aussi de Noam Chomsky (linguiste sympathisant de la mouvance anarcho-syndicale), de Nadine Rosa-Rosso (ex-secrétaire générale du PTB) ou d'Anne Morelli, professeur de l'ULB se situant à l'extrême gauche.
Les éditions Aden publient plusieurs collections : EPO (reprise du nom de la maison d'édition du PTB), Fil rouge, Opium du peuple (avec le Discours contre Dieu de Sade),...
 
La maison d'éditions Aden organise annuellement à Schaerbeek "Joli Mai", présenté comme un "salon du livre indépendant". Ce salon subsidiéjoli-mai.gif par diverses institutions officielles rassemble quelques stands dont :
- A voix autre, revue anarchiste
- Golias
- le Courant Communiste International (CCI)
- Le Drapeau Rouge, organe de presse du Parti Communiste Belge
- Solidaire, organe de presse du Parti du Travail de Belgique (PTB)

12.07.2008

T. Derbent, alias Bertrand Sassoye, et les séances de formation à la politique militaire révolutionnaire

affiche-bloc-ml02.jpgBELGIQUE. Le 26 juin 2008, la grande presse signalait que Bertrand Sassoye, condamné en 1988 à perpétuité pour ses activités terroristes au sein des Cellules Communistes Combattantes, puis libéré en 2000, co-fondateur du Bloc marxiste-léniniste et co-fondateur du Secours Rouge, publiait des livres sous le pseudonyme de T. Derbent.
Les média soulignaient notamment qu'il s'agissait pour l'essentiel de livres de stratégie et que ces livres étaient consultables à la bibliothèque de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr.
De fait, Bertrand Sassoye semble s'être particulièrement intéressé à Carl von Clausewitz, grand théoricien de la guerre. Sous le pseudonyme de T. Derbent, Bertrand Sassoye s'est appliqué à montrer l'influence de von Clausewitz dans les guerres révolutionnaires contemporaines. Sassoye va jusqu'à considérer que l'œuvre du général monarchiste prussien ayant été lue, annotée et débattue par Marx, Engels, Lénine, Staline et Giap, elle doit être considérée comme une des sources constitutives du... marxisme-léninisme.
 
Mais aucun média n'a tenté d'en savoir plus sur les activités de ce T. Derbent, alias Sassoye. Il y a pourtant là matière intéressante pour bien comprendre le personnage.
Nous avions déjà signalé que le Bloc marxiste-léniniste avait organisé les 3 et 10 avril 2006 des formations sur la politique militaire révolutionnaire. Ces formations étaient données par... T. Derbent, pseudonyme de Bertrand Sassoye. Des compte-rendus de ces formations ont été publiées dans Clarté, organe de presse du Bloc marxiste-léniniste. 
 
Nous allons en citer différents extraits ci-dessous pour bien faire comprendre l'idéologie extrêmement dangereuse véhiculée par Bertrand Sassoye au sein du Bloc marxiste-léniniste.
 
En préambule, Clarté cite Mao : "Notre méthode principale, c'est d'apprendre la guerre en la faisant."
 
En introduction, Sassoye déclare :
- "(...) Tout projet de révolution sociale doit anticiper la question de l'affrontement armé aux forces du pouvoir (...)"
- "Les organisations à prétention révolutionnaire qui refusent d'élaborer une politique militaire dès avant que la question de l'affrontement se pose pratiquement, se disqualifient en tant que force révolutionnaire (...)"
- "Cette conférense (...) se veut un outil pour aider à une élaboration rigoureuse, méthodique, scientifique, d'une politique militaire révolutionnaire."
Dans la même introduction, Sassoye insiste sur "la réaffirmation sine variatur des principes insurrectionnalistes lénino-kominterniens". Il est utile de rappeler ici que le Bloc marxiste-léniniste se réfère justement au Komintern.
 
Plus loin, Sassoye, sous le pseudonyme de T. Derbent, développe un aspect : "Comment le Parti doit-il se préparer ?". Sassoye y parle de "clandestination", de "militarisation d'une partie de ses cadres et militants", de "cloisonnement", de "création d'un appareil de sécurité et de renseignement ad hoc",...
 
Sous la rubrique "Aspects organisationnels", Bertrand Sassoye parle de "(...) passage du Parti à la clandestinité ou préparation deblocml02.gif ce passage; formation des cadres au travail clandestin; création d'un appareil clandestin (logements, documents, communications); adoption de mesure de sécurité (cloisonnement, etc)".
 
Sous la rubrique "Aspects militaires", Bertrand Sassoye parle de "Réunion des moyens militaires (armes, équipements)" ainsi que "des complicités qui permettront de réunir ces moyens le moment venu (exemple : plan d'attaque de caserne)". Ce dernier point n'est pas sans rappeler l'attaque commise contre la caserne du 3ème Chasseurs Ardennais à Vielsalm en 1984 où des armes ont été volées, armes qui ont ensuite été partiellement retrouvées lors d'arrestations de membres d'Action Directe et des Cellules Communistes Combattantes.
 
Sous la rubrique "Aspects économiques et logistiques", Bertrand Sassoye parle notamment de moyens "de falsification de documents". Ce qui n'est pas sans rappeler l'enquête actuelle sur les activités du Parti Communiste Politico-Militaire (PCPM) et sur les photos et données anthropométriques des inculpés du Secours Rouge (dont Bertrand Sassoye), documents que la justice italienne suspecte d'être prêts à servir à l'impression de faux papiers.
 
Sous la rubrique "Aspects idéologiques et moraux", Bertrand Sassoye déclare que "(...) le développement de la solidarité avec les prisonniers révolutionnaires peut jouer un rôle dans la bataille idéologique en faveur de l'affrontement armé". De quoi faire réfléchir quant à l'actuelle manipulation d'une certaine intelligentsia de gauche par quelques activistes communistes ! Il suffit de songer aux pétitions et manifestations organisées en "solidarité" avec Bertrand Sassoye et les autres inculpés.
 
Sous la rubrique "Tactique insurrectionnelle : principes", Bertrand Sassoye explique comment :
- se fonder "sur l'utilisation de petits groupes mobiles",
- "Aménager le terrain pour favoriser l'action des groupes mobiles (percer les murs des maisons mitoyennes pour ménager des passages, etc)",
- "(...) miner les positions susceptibles d'être abandonnées, voire simuler des abandons pour attirer l'ennemi dans un endroit miné",
- "Utiliser au maximum et dès le début de l'insurrection la troisième dimension : les toits, les étages, les caves, les égouts",
- "User largement de snipers et de pionniers embusqués veillant au déclenchement opportun de mines. Adopter des dispositifs (caches, passages secrets) permettant aux combattants d'agir dans les zones que l'ennemi croit avoir sécurisées."
 
Sous la rubrique "Terrorisme", Bertrand Sassoye, sous le pseudonyme de T. Derbent, déclare : "(...) parfois, les forces révolutionnaires, obnubilées par la volonté de ne pas présenter le moindre "profil terroriste", perdent de vue que le terrorisme est un élément clé de la politique militaire révolutionnaire."
 
Voilà le contenu des formations proposées par le Bloc marxiste-léniniste et Bertrand Sassoye. Autant savoir.

09.07.2008

Le Bloc marxiste-léniniste (Bloc-ML)

logo-bloc-ml.jpgBELGIQUE. Le Bloc Marxiste-Léniniste (Bloc-ML) est créé en 2002, essentiellement autour de deux personnes, Flor Dewit et Bertrand Sassoye.

Deux organisations constituent le socle de base du Bloc-ML : le Collectif Communiste Aurora (qui dispose de la Librairie Aurora située à Saint-Gilles et est tenue par Flor Dewit) et le Collectif Classe contre Classe ! (apparu dans les années 1990 dans la mouvance politique des Cellules Communistes Combattantes dont Bertrand Sassoye fut l’un des terroristes condamnés).

Le Bloc marxiste-léniniste a ensuite voulu récupérer des militants communistes de différents courants (courant pro-chinois ; courant pro-albanais ; courant communiste combattant préconisant la lutte armée contre l’Etat capitaliste ; courant pro-« Pensée Gonzalo », surnom d’Abimael Guzman, fondateur et théoricien du Sentier Lumineux, mouvement terroriste communiste péruvien).

Pierre Carette, autre figure du mouvement terroriste CCC rejoint le Bloc-ML en mars 2003 et le quitte en mai 2005.

Le Bloc marxiste-léniniste se réfère à la Troisième Internationale (le Komintern), à Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Tsé-toung et Enver Hoxha.

La permanence du Bloc-ML se tient à la Librairie Aurora (tract du Bloc-ML, décembre 2007)

En été 2003, le Bloc-ML lance un organe de presse : Le Drapeau Rouge Pour la Révolution Prolétarienne. Un seul numéro sera publié. Enclarté-bloc-ml.jpg mai 2005, le Bloc-ML lance un nouveau périodique sous le nom de Clarté. Référence est faite à l’un des titres disparus de la presse du Parti communiste belge. Clarté fut aussi le nom de l’hebdomadaire du Parti communiste marxiste-léniniste de Belgique (PCMLB) qui vécut de 1967 à 1989. L’éditeur responsable de la presse du Bloc-ML est Flor Dewit.

Dans son Manifeste (édition de mai 2003), le Bloc marxiste-léniniste annonce rassembler les « éléments de programme pour un parti communiste révolutionnaire en Belgique ».

La plate-forme du Bloc marxiste-léniniste (rédigée en janvier 2003, modifiée en mai 2003) présente le pacifisme comme une des « principales corruptions du marxisme-léninisme » qui « nie le rôle révolutionnaire de la violence (…) » (propos répétés par le délégué du Bloc-ML le 3 novembre 2007 lors de la réunion à Paris du Comité National Unitaire pour l’unification du mouvement communiste).

Le Bloc marxiste-léniniste ne peut cacher dans sa prose son intérêt pour la violence.

. « La pente savonneuse de l’opportunisme et de la trahison commence dès que les prétendus « révolutionnaires » renoncent à jouer un rôle d’avant-garde sur le plan de la violence révolutionnaire comme sur les autres plans. » (extrait du tract de février 2006 du Bloc-ML)

. Le premier numéro de Clarté (mai 2005) contient un article intitulé « Marxisme et terrorisme » visant à légitimer l’action terroriste selon la doctrine marxiste, citations de Marx, Engels et Lénine à l’appui.

. Le deuxième numéro de Clarté (été 2005) contient un article servant à légitimer « la dictature révolutionnaire du prolétariat ».

. « Toute recrudescence de la lutte des classes s’accompagne d’une recrudescence d’actions de sabotage » (extrait du numéro 3 de Clarté – automne 2005).

Les 3 et 10 avril 2006, le Bloc marxiste-léniniste donne des formations sur la « politique militaire révolutionnaire » dont Clarté publie des compte-rendus. Citons deux extraits :

« Tout projet de révolution sociale doit anticiper la question de l’affrontement armé aux forces du pouvoir et de la réaction » (numéro 5 de Clarté, mai 2006)

« (…) le terrorisme est un élément clé de la politique militaire révolutionnaire » (numéro 6 de Clarté, décembre 2006).

Le Bloc marxiste-léniniste présente en modèle le Militante Gruppe de Berlin, organisation clandestine spécialisée depuis 2001 dans l’incendie d’immeubles et de véhicules (numéro 7 de Clarté, mai 2007).

affiche-bloc-ml.jpgLe Bloc-ML participe à différentes manifestations et est actif à travers les milieux syndicalistes.

Le 8 mai 2008, le Bloc marxiste-léniniste participe à une soirée-débat organisée à l’ULB sur le thème « Mai 68 : stop et encore ». Un blog internet est consacré spécifiquement à la promotion de cette soirée. Manuel Abramowicz, par ailleurs président de l’asbl d’extrême gauche RésistanceS, gère ce blog et se présente comme « camarade organisateur » de cette soirée. Il spécifie parmi les différents stands et la présence militante de membres et d’organisations trotskistes, marxistes-léninistes, socialistes, écologiques, syndicalistes,…, la LCR, le PTB, le MAS, la LCT-QI et le Bloc-ML. Un échantillon complet de l’extrême gauche belge francophone qui côtoie au même endroit la ministre socialiste Françoise Dupuis (dans le cabinet de laquelle a travaillé Wahoub Fayoumi avant de passer à la RTBF).

Différents membres du Bloc marxiste-léniniste sont également actifs dans le Secours Rouge – APAPC (antenne belge du Secours Rouge International). Bertrand Sassoye est l’un des co-fondateurs du Secours Rouge. Flor Dewit est l’un des porte-parole du Secours Rouge.

A la suite de l’arrestation de différentes personnes (Bertrand Sassoye, Wahoub Fayoumi,…) dans le cadre de l’enquête sur les activités du Parti Communiste Politico-Militaire (PCPM), le Secours Rouge et le Bloc marxiste-léniniste signent le 5 juin 2008 un communiqué commun.

A noter que le PCPM éditait une revue clandestine sous le nom d’Aurora.

05.07.2008

Quand Noël Godin, entarteur médiatique, fait l'apologie du terrorisme d'extrême gauche

raf.jpgNoël Godin, surnommé "l'entarteur" ou encore "le gloupier", est un personnage qui fait les délices des média en lançant des tartes à la crème sur diverses célébrités (de Bernard-Henri Lévy, philosophe, à Bill Gates, patron de Microsoft). Anarchiste libertaire et anticlérical primaire, ce personnage a pour complice occasionnel Jan Bucquoy, autre provocateur anarchiste.

Pour le quarantième anniversaire de mai 68 (et accessoirement la réédition de l'un de ses livres), la presse offrit encore récemment à Noël Godin différentes tribunes (dont près d'une page dans le quotidien belge Le Soir).

Personne ne relève pourtant que Noël Godin fit ouvertement l'apologie du terrorisme d'extrême gauche.

 

Nous citons le livre Crème et châtiment ! - Mémoires d'un Entarteur (éditions Albin Michel, mai 1995), pages 97 à 100.

Marc Cohen pose la question suivante : "Puisque tu emploies volontiers les expressions "attentats pâtissiers" ou "terrorisme gloupinesque", dis-moi franchement ce que tu penses des vrais terroristes, ceux qui travaillent non pas à la crème fouettée mais au fusil d'assaut A.K. 47."

Réponse de Noël Godin : "(...) Qu'ils se soient fourré ou non le doigt dans l'œil dans leurs analyses, leurs visées et leurs méthodes, je lève mon verre à tous les francs-tireurs terroristes (...), les Jules Bonnot(1) , les Andreas Baader(2), les Nathalie Ménigon(3). Ils me semblent qu'on ne peut se fier qu'à eux (...)".

Autre question de Marc Cohen : "Tu trouves, par exemple, les violences de la bande à Baader défendables ?"

Noël Godin répond : "(...) Pour qualifier l'œuvre d'Andreas Baader, un seul adjectif s'impose : humanitaire ! Au sens plein du terme."

Marc Cohen : "Mais la Fraction armée rouge a commis des assassinats !"

Noël Godin : "Sûr que oui. (...) En 1995, Robin des Bois se ferait dégueuler dessus par toute la gauche. Même les derniers survivants édentés du gauchisme condamneraient son "aventure irresponsable", au même titre qu'ils condamnent les dynamiteros d'Action directe ou Florence Rey(4) ."

Marc Cohen : "Même en se plaçant dans cette logique, tu sais bien que si on exécute un P.D.G., un général, un dictateur, on va mettre un nouveau à sa place."

Noël Godin : "Sauf que s'ils y passent les uns après les autres, il n'y aura bientôt plus grand monde pour postuler aux emplois de suceurs de sang. Le terrorisme occasionnel renforce l'Etat, le terrorisme généralisé le désagrège. Je traite la question dans mon tract "Appel au meurtre" diffusé à Bruxelles le soir de l'assassinat de Baader : "Moralistes raclures, croyez-vous vraiment que le métier de détenteur de pouvoir sera longtemps encore praticable si, tout à coup et massivement, les patrons se font écorcher vifs par leur personnel, si les galonnés, les juges et les huissiers se font nuitamment éventrer, et s'il suffit de s'installer dans la hiérarchie du moindre parti politique pour avoir les yeux et les tympans crevés ?"

 

Derrière le médiocre bouffon sommeille un sombre personnage aux rêves sanguinaires.

Et il est regrettable que les média continuent à traiter avec complaisance et sympathie un tel personnage.

      (1)     Jules Bonnot : anarchiste français, meneur d’une organisation criminelle coupable de multiples braquages et meurtres commis de 1910 à 1912.

(2)   Andreas Baader : chef de la Fraction Armée Rouge (RAF), organisation terroriste allemande d’extrême gauche.

(3)   Nathalie Ménigon : membre fondatrice d’Action Directe, organisation terroriste française d’extrême gauche, condamnée à perpétuité pour l’assassinat de Goerges Besse, P.D.G. de Renault, et du général Audran, soumise à un régime de semi-liberté depuis le 10 mai 2007.

(4)   Florence Rey : anarchiste autonome, condamnée à 20 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de 3 policiers.

02.07.2008

Le co-fondateur d'Action Directe aurait des projets communs avec Olivier Besancenot, patron de la LCR

action-directe.jpgFRANCE. Le week-end dernier, Olivier Besancenot a lancé les bases du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) destiné à lui permettre de rassembler l'extrême gauche au-delà des militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Mais, la semaine dernière, le « Canard énchaîné » a révélé que Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action directe, était intéressé par ce nouveau parti. L'ex-compagnon de Nathalie Menigon - la pasionaria d'Action directe - aurait rencontré à ce sujet Olivier Besancenot lors de sa venue à Marseille le 7 juin pour une réunion sur le nouveau parti.

Condamné pour les meurtres du général Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986, Rouillan est depuis décembre 2007 en régime de semi-liberté à Marseille. Dans la journée, il travaille pour un éditeur et le soir il retourne dormir en prison. Evoquant le nouveau parti anticapitaliste (NPA), l'ancien terroriste a expliqué y voir « un espoir pour plein de gens qui en ont marre de vivre sans instrument de lutte ». « C'est moi qui suis allé vers eux, j'ai été reçu tout simplement », explique-t-il. Selon son avocat, Jean-Louis Chalanset, à qui Rouillan a fait part de son intention, rien ne s'oppose juridiquement à ce que son client adhère à un parti politique.

A Marseille, les amis de Besancenot confirment effectivement que le cofondateur de l'organisation terroriste Action Directe rencontre régulièrement des membres du comité local de création du nouveau parti. 

 
« On ne demande à personne un bilan de son passé », a déclaré Samy Joshua, membre de la direction de la LCR dans les Bouches-du-Rhône, expliquant que cet intérêt de Rouillan pour le futur NPA n'a pas soulevé de protestation. Mais il semble que pour l'instant, tous les militants ne soient pas encore au courant.
Même écho à la direction de la LCR où on minimise l'affaire. « C'est une petite histoire pour nous, assure Pierre-François Grond, l'un des dirigeants de la Ligue. C'est géré par le comité de Marseille. Si Rouillan est conscient que ses anciennes méthodes ne sont pas les nôtres, on ne voit pas pourquoi on s'opposerait à sa venue. » Alain Krivine, figure historique de la LCR, estime normal qu'Olivier Besancenot ait rencontré Rouillan dans ce cadre, et trouve aussi que l'affaire est « secondaire ». 

La LCR a par ailleurs protesté contre les conditions d'incarcération des membres d'Action directe.

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