05.08.2008
Historique du DHKP-C
TURQUIE. Le DHKP-C (Parti/Front Révolutionnaire de Libération du Peuple), organisation d'extrême gauche turque, se réfère au marxisme-léninisme radical et exprime des sympathies pour le stalinisme. Le DHKP-C est une organisation extrêmement violente et dangereuse. Il dispose d’une branche armée : les Unités Révolutionnaires Armées (Silahli Devrimci Birlikleri), qui sont à l’origine de nombreux meurtres et attentats sanglants en Turquie et en Europe. Le DHKP-C est le successeur d'une lignée de mouvements révolutionnaires :
§ TIP (1961 - parti ouvrier de Turquie)
§ FKF (1965 - fédération des clubs de réflexion)
§ DEVRIMCI-GENçLIK - 1969 (jeunesse révolutionnaire)
§ THKP-C (1970-1972, Parti-Front de libération populaire de Turquie)
§ DEV-GENçLIK (1974-76)
§ DEVRIMCI YOL (1976-78-80, chemin révolutionnaire)
§ DEVRIMCI SOL (1978-1994, gauche révolutionnaire)
§ DHKP-C (1994)
L’utilisation, à la fois du terme parti et front, provient de divergences internes sur le type d’actions à entreprendre. Le fait d’utiliser les deux termes satisfaisait tout le monde. Les partisans du terme « parti » se référant à une activité politique et le terme « Front » faisant référence au volet activiste du mouvement.
Depuis 1988, le mouvement, sous ses différentes appellations, collabore avec les nationalistes kurdes du PKK. Jusqu’en 1992, ses hommes, qui ont été jusqu’à 5 000, s’entraînaient au Liban, sous la protection de la Syrie.
En 1990, le DHKP-C se met à viser des intérêts étrangers y compris l’attaque d’installations et de personnel diplomatique et militaire américain. En protestation à la première guerre du Golfe, le DHKP-C a assassiné 2 employés civils de l’armée américaine, blessé un officier de l’Air Force et attaqué à la bombe pas moins de 20 installations militaires, commerciales ou culturelles liées à l’OTAN et aux USA.
Le 1er novembre 1991, s’est clos le procès de 1 243 membres du mouvement. 582 ont été acquittés, soixante-six ont bénéficié d’un non-lieu, 553 ont été condamnés à une peine de prison à temps, quarante-et-un à la réclusion à perpétuité, un à mort (non exécuté).
Le chef du DHKP-C, Dursun Karatas, évadé d’une prison turque en 1980 et figurant au registre rouge d’Interpol dans 174 pays, a été arrêté en France en 1994, puis libéré par les autorités françaises (février 1995).
Le 20 octobre 2000, le DHKP-C lance un mouvement de grève de la faim contre la réforme des prisons, laquelle vise à transférer les prisonniers politiques vers des établissements pénitentiaires de haute sécurité (prisons de type F) inspirés du modèle US et répondant officiellement aux normes européennes. Les prisonniers du DHKP-C entrent en « jeûne jusqu’à la mort » pour protester contre leur mise en isolement dans des cellules individuelles où ils se plaignent des mauvais traitements. En fait, ils veulent rester groupés afin de pouvoir continuer une activité politique au sein même des prisons qui sont pour certaines sous le contrôle interne des membres de l’organisation. En effet, cette réforme des prisons prévoit la fin de l’organisation en dortoirs (contenant de 30 à 100 personnes) et le passage à des cellules à taille humaine (de une à quatre personnes). Pendant longtemps, ces dortoirs étaient des zones de non droit où les groupes armés faisaient régner leurs propres lois, les transformant en camps de formation militaire et idéologique. Si le DHKP-C réagit aussi violemment à cette réforme, poussant ses militants à la mort à travers des « jeûnes », c’est tout simplement parce qu’elle signifiait la fin de son hégémonie dans les prisons. Durant ces sept années de résistance à cette réforme, plus de 100 membres du DHKP-C perdirent la vie.
En 2001, le DHKP-C a commencé à commettre des attentats-suicides contre la police turque (en janvier et septembre).
Le DHKP-C est depuis 2002 sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ainsi que celle établie par les États-Unis. Au printemps 2004, une opération conjointe des polices turque, belge, allemande, néerlandaise et italienne, fondée sur 56 000 heures d’écoutes téléphoniques, aboutit à l’arrestation d’une quarantaine de personnes, suspectées de cinq attentats commis en Turquie pendant l’année 2003.
Selon les estimations, le DHKP-C a fait 350 victimes et a lui-même subi la perte de 900 militants abattus ou morts en détention suite à leur grève de la faim.
Le DHKP-C compterait plusieurs dizaines de militants opérationnels dans la structure militaire de l’organisation.
Le DHKP-C peut compter sur un important réseau de sympathie dans la diaspora turque en Europe, ainsi qu'auprès de différentes organisations d'extrême gauche en Europe.
Le DHKP/C est unanimement désigné comme une organisation meurtrière et très dangereuse, y compris par les organisations de défense des droits de l’homme (Human Watch, Amnesty International...).11:24 Publié dans DHKP-C | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dhkp-c, pkk, extrême gauche, terrorisme, turquie



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