22.12.2008

Terrorisme d'extrême gauche à Bruxelles

La gauche radicale revendique deux attentats à Etterbeek et Saint-Gilles en Belgique

La paroisse Grecque-Melkite Catholique Saint-Jean Chrysostome, située à Etterbeek, a été la cible d’un attentat dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 décembre.

Réveillé et alerté par l’odeur des fortes fumées, le courageux curé de la paroisse, qui habite un appartement attenant à l’église, a pu difficilement circonscrire l’incendie qui a fait d’importants dégâts matériels. Silence radio étrange dans les média. Pourtant les auteurs sont connus, cet attentat plus un autre perpétré contre des véhicules de police à Saint Gilles ont été revendiqué par l'extrême gauche sur le site du CEMAB (Centre de Médias Alternatifs de Bruxelles).

Le CEMAB est connu pour être proche des milieux de la gauche radicale et antifasciste. La résurgence et la banalisation de tels actes laissent craindre une radicalisation violente d’une extrême gauche tentée de choisir à nouveau le terrorisme pour se faire entendre comme ce fut récemment le cas en France et en Grèce et comme elle l’avait déjà fait dans les années 80 avec les Cellules Communistes Combattantes, de sinistre mémoire.

L’attentat contre l’église Grecque

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La revendication de l’attentat contre l’église grecque

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La revendication de l’attentat contre une voiture de police à Saint-Gilles

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12.07.2008

T. Derbent, alias Bertrand Sassoye, et les séances de formation à la politique militaire révolutionnaire

affiche-bloc-ml02.jpgBELGIQUE. Le 26 juin 2008, la grande presse signalait que Bertrand Sassoye, condamné en 1988 à perpétuité pour ses activités terroristes au sein des Cellules Communistes Combattantes, puis libéré en 2000, co-fondateur du Bloc marxiste-léniniste et co-fondateur du Secours Rouge, publiait des livres sous le pseudonyme de T. Derbent.
Les média soulignaient notamment qu'il s'agissait pour l'essentiel de livres de stratégie et que ces livres étaient consultables à la bibliothèque de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr.
De fait, Bertrand Sassoye semble s'être particulièrement intéressé à Carl von Clausewitz, grand théoricien de la guerre. Sous le pseudonyme de T. Derbent, Bertrand Sassoye s'est appliqué à montrer l'influence de von Clausewitz dans les guerres révolutionnaires contemporaines. Sassoye va jusqu'à considérer que l'œuvre du général monarchiste prussien ayant été lue, annotée et débattue par Marx, Engels, Lénine, Staline et Giap, elle doit être considérée comme une des sources constitutives du... marxisme-léninisme.
 
Mais aucun média n'a tenté d'en savoir plus sur les activités de ce T. Derbent, alias Sassoye. Il y a pourtant là matière intéressante pour bien comprendre le personnage.
Nous avions déjà signalé que le Bloc marxiste-léniniste avait organisé les 3 et 10 avril 2006 des formations sur la politique militaire révolutionnaire. Ces formations étaient données par... T. Derbent, pseudonyme de Bertrand Sassoye. Des compte-rendus de ces formations ont été publiées dans Clarté, organe de presse du Bloc marxiste-léniniste. 
 
Nous allons en citer différents extraits ci-dessous pour bien faire comprendre l'idéologie extrêmement dangereuse véhiculée par Bertrand Sassoye au sein du Bloc marxiste-léniniste.
 
En préambule, Clarté cite Mao : "Notre méthode principale, c'est d'apprendre la guerre en la faisant."
 
En introduction, Sassoye déclare :
- "(...) Tout projet de révolution sociale doit anticiper la question de l'affrontement armé aux forces du pouvoir (...)"
- "Les organisations à prétention révolutionnaire qui refusent d'élaborer une politique militaire dès avant que la question de l'affrontement se pose pratiquement, se disqualifient en tant que force révolutionnaire (...)"
- "Cette conférense (...) se veut un outil pour aider à une élaboration rigoureuse, méthodique, scientifique, d'une politique militaire révolutionnaire."
Dans la même introduction, Sassoye insiste sur "la réaffirmation sine variatur des principes insurrectionnalistes lénino-kominterniens". Il est utile de rappeler ici que le Bloc marxiste-léniniste se réfère justement au Komintern.
 
Plus loin, Sassoye, sous le pseudonyme de T. Derbent, développe un aspect : "Comment le Parti doit-il se préparer ?". Sassoye y parle de "clandestination", de "militarisation d'une partie de ses cadres et militants", de "cloisonnement", de "création d'un appareil de sécurité et de renseignement ad hoc",...
 
Sous la rubrique "Aspects organisationnels", Bertrand Sassoye parle de "(...) passage du Parti à la clandestinité ou préparation deblocml02.gif ce passage; formation des cadres au travail clandestin; création d'un appareil clandestin (logements, documents, communications); adoption de mesure de sécurité (cloisonnement, etc)".
 
Sous la rubrique "Aspects militaires", Bertrand Sassoye parle de "Réunion des moyens militaires (armes, équipements)" ainsi que "des complicités qui permettront de réunir ces moyens le moment venu (exemple : plan d'attaque de caserne)". Ce dernier point n'est pas sans rappeler l'attaque commise contre la caserne du 3ème Chasseurs Ardennais à Vielsalm en 1984 où des armes ont été volées, armes qui ont ensuite été partiellement retrouvées lors d'arrestations de membres d'Action Directe et des Cellules Communistes Combattantes.
 
Sous la rubrique "Aspects économiques et logistiques", Bertrand Sassoye parle notamment de moyens "de falsification de documents". Ce qui n'est pas sans rappeler l'enquête actuelle sur les activités du Parti Communiste Politico-Militaire (PCPM) et sur les photos et données anthropométriques des inculpés du Secours Rouge (dont Bertrand Sassoye), documents que la justice italienne suspecte d'être prêts à servir à l'impression de faux papiers.
 
Sous la rubrique "Aspects idéologiques et moraux", Bertrand Sassoye déclare que "(...) le développement de la solidarité avec les prisonniers révolutionnaires peut jouer un rôle dans la bataille idéologique en faveur de l'affrontement armé". De quoi faire réfléchir quant à l'actuelle manipulation d'une certaine intelligentsia de gauche par quelques activistes communistes ! Il suffit de songer aux pétitions et manifestations organisées en "solidarité" avec Bertrand Sassoye et les autres inculpés.
 
Sous la rubrique "Tactique insurrectionnelle : principes", Bertrand Sassoye explique comment :
- se fonder "sur l'utilisation de petits groupes mobiles",
- "Aménager le terrain pour favoriser l'action des groupes mobiles (percer les murs des maisons mitoyennes pour ménager des passages, etc)",
- "(...) miner les positions susceptibles d'être abandonnées, voire simuler des abandons pour attirer l'ennemi dans un endroit miné",
- "Utiliser au maximum et dès le début de l'insurrection la troisième dimension : les toits, les étages, les caves, les égouts",
- "User largement de snipers et de pionniers embusqués veillant au déclenchement opportun de mines. Adopter des dispositifs (caches, passages secrets) permettant aux combattants d'agir dans les zones que l'ennemi croit avoir sécurisées."
 
Sous la rubrique "Terrorisme", Bertrand Sassoye, sous le pseudonyme de T. Derbent, déclare : "(...) parfois, les forces révolutionnaires, obnubilées par la volonté de ne pas présenter le moindre "profil terroriste", perdent de vue que le terrorisme est un élément clé de la politique militaire révolutionnaire."
 
Voilà le contenu des formations proposées par le Bloc marxiste-léniniste et Bertrand Sassoye. Autant savoir.

27.06.2008

L'APAPC, ancêtre du Secours Rouge

apapc_logo.jpgBELGIQUE. Dès 1985, après l'arrestation de Pierre Carette, Bertrand Sassoye, Didier Chevolet et Pascale Vandegeerde, tous quatre inculpés puis condamnés pour les actes terroristes des Cellules Communistes Combattantes, se fonde l'Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC). Cette association publiera une luxueuse revue intitulée "Correspondances Révolutionnaires", dont l'essentiel des articles étaient écrits par les prisonniers des CCC et par des détenus d'autres organisations terroristes de la même mouvance.
En parallèle, un pôle activiste se lance sous le nom de Comité d'Agitation et de Propagande Communiste (CAPC). Il se fait notamment remarquer par l'occupation de l'Ambassade du Pérou à Bruxelles en soutien au groupe terroriste péruvien Sentier Lumineux. Des militants du CAPC occuperont également les bureaux de l'Agence France Presse à Bruxelles en soutien aux détenus du groupe terroriste Action Directe.
Dès la fin des années 90, l'APAPC milite pour obtenir la libération des détenus des CCC à l'issue de la peine minimale prévue pour les condamnés à perpétuité. Des affiches de soutien aux CCC sont placées par l'APAPC à différents endroits de Bruxelles. Les relais de l'APAPC s'étendaient dans différents millieux. Au point qu'en septembre 1998, l'hebdomadaire "Télémoustique" (censé s'occuper de programmes de télévision) publie sous la signature de Claude Moniquet un article de quatre pages permettant à l'APAPC de plaider pour la libération des détenus des CCC.
Fin de l'année 2000, la mouvance communiste lance le Secours Rouge International. Une antenne se crée en Belgique sur base de l'APAPC.

Les liens entre les organisations terroristes d'extrême gauche durant les années de plomb

raf.jpgLes Cellules Communistes Combattantes (CCC) entretenaient des liens avec la Fraction armée rouge (RAF) allemande et le groupe terroriste français Action directe (AD). Des opérations communes ont été organisées, sur le territoire belge, par Action Directe et les CCC : vol d'armes dans la caserne des chasseurs ardennais de Vielsalm (12 mai 1984) au cours duquel les agresseurs tirent sur un officier de garde, vol d'un stock de 800 kg d'explosifs dans une carrière le mois suivant. Ces explosifs seront utilisés par les CCC en Belgique, Action Directe en France et la RAF en Allemagne.

En janvier 1985, les CCC vont rompre avec AD et la RAF, sur la question de la stratégie révolutionnaire. Action directe apportera alors son soutien à la création en Belgique d'une nouvelle organisation terroriste, non pas marxiste-léniniste comme les CCC, mais d'essence libertaire : le Front révolutionnaire d'action prolétarienne (FRAP). Les CCC resteront proches d'autres mouvements terroristes marxistes-léninistes : en Italie, l'Union des Communistes Combattants (UCC) issue des Brigades Rouges et en Espagne, le PCEr/GRAPO.

En marge des CCC, le FRAP

explosion-voiture.jpgLes 20 et 21 avril 1985, deux attentats sont commis à Bruxelles, l'un contre l'OTAN, l'autre contre la firme AEG Telefunken. Ces attentats sont revendiqués par le Front Révolutionnaire d'Action Prolétarienne (FRAP). Il s'agit d'une dissidence des CCC suscitée par le groupe terroriste français Action Directe. Action Directe et la Fraction Armée Rouge souhaitaient voir naître un Front de la guérilla ouest-européenne, sorte de coordination terroriste d'extrême gauche. Les CCC, en raison de nuances idéologiques, avaient refusé de se joindre à ce Front.

Le 26 juin 1985, le FRAP tente un autre attentat contre l'usine ACEC de Drogenbos mais la charge n'explose pas et est abandonnée sans avertissement ni précaution.

Le 15 août 1985, la police perquisitionne deux bases d'Action Directe à Bruxelles, l'une à Uccle, l'autre à Anderlecht. La police y découvre des documents relatifs à de futurs attentats du FRAP, des documents d'Action Directe, des explosifs provenant du vol d'Ecaussines et des armes provenant du vol commis à la caserne de Vielsalm (voir article consacré à l'historique des CCC).

Les deux activistes principaux du FRAP, Chantal Paternostre (arrêtée en juillet 1985) et Luc Van Acker (arrêté en janvier 1986), furent condamnés en octobre 1988 lors d'un procès commun avec les CCC.

26.06.2008

Bertrand Sassoye : un illuminé, partisan de la violence

http://users.skynet.be/terrorism/jpeg/belgium_ccc_9.jpg

BRUXELLES. Bertrand Sassoye reste en prison, contrairement à ses amis et co-inculpés du Secours Rouge. Ce terroriste des CCC, condamné à perpétuité en 1988, n'a jamais varié dans ses certitudes "révolutionnaires". Peu après sa libération, le 10 juillet 2000, il déclarait, se répétant en 2003 et en 2006 dans la presse : "Je n'ai rien renié de mes opinions politiques. Je reste marxiste-léniniste [...] et convaincu de la nécessité d'une révolution, d'une lutte armée en Belgique, d'une prise du pouvoir par la violence".

Bertrand Sassoye reste en prison

ccc02.jpgLa Chambre des mises en accusation de Bruxelles a confirmé l’ordonnance de la chambre du conseil. Wahoub Fayoumi, Constant Hormans et Abdallah Ibrahim Abdallah vont êtres libérés. Bertrand Sassoye restera quant à lui en prison.

Wahoub Fayoumi, Constant Hormans et Abdallah Ibrahim Abdallah vont êtres libérés. La Chambre des mises en accusation de Bruxelles a confirmé ce jeudi matin l’ordonnance de la chambre du conseil.

Soupçonnés d’avoir participé à des activités du mouvement terroriste italien d’extrême-gauche Partito Comunista Politico-Militare (PCPM – Parti Communiste politico-militaire), ne pourront cependant entretenir aucun contact entre eux. C’est la condition exigée par la chambre des mises en accusation à leur libération prévue dans le courant de l’après-midi.

Bertrand Sassoye restera quant à lui en prison.

Bref historique des CCC

BELGIQUE. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC) sont mises sur pied en juin 1983 par des militants marxistes-léninistes. 

Le 12 mai 1984, les futures CCC sans doute appuyées par des communistes allemands et français attaquent la caserne du 3è Régiment de Chasseurs Ardennais à Vielsalm pour y voler des armes qui équiperont les CCC mais aussi le groupe terroriste français Action Directe. Surpris par l’officier de garde, ils le blessent d'une rafale d'arme automatique. A noter que Bertrand Sassoye, futur CCC, avait fait un début de service militaire à cette caserne avant d’en déserter. On retrouvera de nombreuses armes volées dans les caches des CCC mais pas toutes…

Le 2 juin 1984, à nouveau associés en commando mixte franco-belgo-allemand, les CCC volent 816 kg d’explosifs (Tolamite, Irémite, Trianite et dynamite) dans le dépôt d'explosifs de la carrière de Scoufflény à Ecaussines (Hainaut belge). Ces explosifs serviront longtemps et dans de nombreux attentats commis par les Cellules Communistes Combattantes mais aussi par Action Directe et par l'organisation terroriste allemande Fraction Armée Rouge (RAF), notamment pour l'attentat commis le 18 décembre 1984 à Oberammergeau (Allemagne) contre l'école des officiers de l'OTAN (SHAPE School).

Leur premier attentat a lieu le 2 octobre 1984 et vise les locaux de la firme américaine Litton, dans la commune bruxelloise d'Evere. Les attaques des CCC vont ensuite se suivre, de semaine en semaine. Au total, 28 attaques à la bombe et actions de propagande seront commises par les CCC, entre le 2 octobre 1984 et le 6 décembre 1985. Un record absolu dans l'histoire des mouvements terroristes d'extrême gauche en Europe de l'Ouest.

Le 3 octobre 1984, les CCC attaquent à l'aide de carburant et de bombes incendiaires les camions entrposés au dépôt de la société MAN Truck & Bus de Dilbeek.

Le 15 octobre 1984, les CCC attaquent à l'explosif le siège de la Fondation Internationale Jean Rey et du Centre Paul Hymans à Ixelles (Bruxelles), institutions liées au parti libéral.

Le 17 octobre 1984, les CCC attaquent à l'explosif le secrétariat du CVP (parti social-chrétien flamand) de l'arrondissement de Gent-Eeklo, arrondissement électoral du premier ministre de l'époque, Wilfried Martens (CVP).

Les campagnes des CCC sont thématiques et ciblent ceux qu'ils appellent des symboles du système capitaliste, de l'impérialisme américain et de l'État belge : des entreprises impliquées dans la production de matériel militaire, les sièges ou locaux de partis politiques gouvernementaux, des infrastructures militaires belges, de la gendarmerie et de l'OTAN, des sièges du patronat belge et des banques. Les CCC agissent sur l'ensemble du territoire belge. Le 11 décembre 1984, ils organisent une opération de grande envergure contre les oléoducs de l'OTAN traversant la Wallonie. 

Le 15 janvier 1985, les CCC attaquent à la voiture piégée un centre de l'OTAN à Sint-Stevens-Woluwe et dédient leur attentat aux prisonniers de la Fraction Armée Rouge (RAF) en grève de la faim collective depuis décembre 1984.

Le 1er mai 1985, deux pompiers sont tués lors de l'explosion d'une camionnette placée aux pieds du siège du patronat belge, dans le centre historique de Bruxelles.

Le 20 octobre 1985, les CCC lancent un cocktail molotov contre la voiture de Pierre Galand, dirigeant du Comité National d'Action pour la Paix et le Développement et se justifient en dénonçant le "pacifisme petit-bourgeois".

Les 4 et 5 novembre 1985, les CCC attaquent quatre banques. Au cours de l'attaque à la voiture piégée du siège bruxellois de la Banque Bruxelles Lambert (BBL), les CCC tirent une rafale d'arme automatique sur un vigile. Le siège de la Société Générale de Banque à Charleroi est attaqué en plein jour le 4 novembre au matin. Le siège de la Manufacturer Hanover Bank à Charleroi et celui de la Kredietbank à Louvain sont également attaqués.

La dernière action des CCC a lieu le 6 décembre 1985, conjointement avec un « groupe de communistes internationalistes » français, jusqu'alors inconnu. Leur cible : le réseau des oléoducs de l’OTAN (CEPS). Le 16 décembre suivant, une importante opération policière met fin aux actions des CCC. Son noyau dirigeant, composé de Pierre Carette et Bertrand Sassoye, ainsi que deux activistes provenant de la structure légale de propagande des CCC (le collectif Ligne rouge) et passés récemment en clandestinité sont arrêtés à Namur dans un fast food Quick.

Pour soutenir les CCC et pour continuer à propager leurs thèses politiques, l’Association des parents et amis des prisonniers communistes (APAPC) apparaît quelques jours après leur arrestation. Les quatre terroristes CCC seront condamnés, le 20 octobre 1988, à la perpétuité. Plusieurs campagnes réclamant leur libération seront organisées par l'APAPC. Didier Chevolet est le premier à sortir de prison, en 2000. Ensuite cela sera au tour de Pascale Vandegeerde, le 4 février 2000, Bertrand Sassoye, le 10 juillet 2000 et enfin Pierre Carette, le 25 février 2003.

Le 5 juin 2008, aux côtés d'autres militants ou proches de l'association Secours Rouge, Bertrand Sassoye est à nouveau arrêté pour « appartenance à une organisation terroriste ».

25.06.2008

Manifestation du Secours Rouge

carette.jpgBruxelles. Quelque 200 personnes ont manifesté le samedi 21 juin au matin pour demander la libération des 4 militants du Secours Rouge emprisonnés depuis le 5 juin pour appartenance à une organisation terroriste. Les manifestants se sont d’abord rassemblés devant la Maison communale de Saint-Gilles avant de se rendre devant les prisons de Saint-Gilles, Forest et Berkendael. Parmi les manifestants, on pouvait reconnaître Pierre Carette, compagnon de route de Bertrand Sassoye. Pierre Carette avait été condamné en 1988 à la réclusion à perpétuité pour les actes terroristes qu'il avait commis au nom des Cellules Communistes Combattantes (CCC). Il a finalement été libéré en juin 2003 et, contrairement à Sassoye, n'a pas rejoint le Secours Rouge mais a fondé l'asbl Solidarité-Liberté.

Des parlementaires de gauche visitent Wahoub Fayoumi

Belgique. Une délégation de parlementaires, menée par le député PS Jean Cornil et l’Ecolo Fouad Lahssaini, a rencontré mardi après-midi Wahoub Fayoumi, incarcérée à Forest, depuis le 5 juin, sous l’inculpation « d’appartenance à une organisation terroriste ».

prison.jpgWahoub Fayoumi (35 ans), journaliste de la RTBF (et suspendue par la RTBF depuis son incarcération) était connue comme une militante activiste en faveur des immigrés en situation illégale. Devenue journaliste sur le tard (elle a commencé à travailler pour le Journal Télévisé en octobre 2006), elle travaillait précédemment au cabinet de Françoise Dupuis à l'époque où celle-ci était ministre socialiste en charge de l'Enseignement et de la Recherche scientifique. En février 2003, elle avait participé à une altercation avec les forces de l'ordre lors d'une manifestation devant le centre 127 bis de Steenokkerzeel. Au Journal Télévisé, elle travaillait pour la cellule "société". A ses débuts, certains membres de la hiérarchie de l'information de la RTBF avaient dû la "recadrer" à deux reprises pour "empathie" trop importante avec certains sujets, à savoir les grèves étudiantes à l'ULB et les sans-papiers.

Wahoub Fayoumi est inculpée "d'appartenance à une organisation terroriste" dans le cadre d'une enquête qui commence en Italie à propos des activités du PCPM, parti communiste politico-militaire. Le PCPM est suspecté d'avoir préparé des attentats, notamment contre Silvio Berlusconi et contre des média. Les enquêteurs italiens avaient trouvé chez un responsable du PCPM des photos et des données anthropométriques concernant Wahoub Fayoumi, Bertrand Sassoye (terroriste des CCC, Cellules Communistes Combattantes), Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Hormans (connu comme gangster). Les enquêteurs italiens avaient également découvert chez des membres du PCPM du matériel destiné à la confection de faux papiers, des Kalachnikovs et des munitions ainsi que les archives des Brigades Rouges, organisation terroriste bien connue, active en Italie dans les années 70 et 80.

Wahoub Fayoumi doit en effet comparaître ce mercredi devant la chambre des mises en accusation, tout comme les trois autres inculpés, Bertand Sassoye, Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Horsmans.

 

La délégation de parlementaire venue visiter Wahoub Fayoumi était composée des socialistes Jean Cornil, Sfia Bouarfa et Julie Fiszman ainsi que des écologistes Fouad Lahssaini, Céline Delforge et Zoé Genot.