19.05.2009

France : manifestations de plus en plus violentes


FRANCE. Une note de la police parisienne souligne l’augmentation des rassemblements de protestation dans la capitale et s’alarme du nombre de représentants des forces de l’ordre blessés. La Préfecture de police de Paris a noté une nette augmentation du nombre de manifestants (+ 80,6 %), par rapport à l’an passé.

  • Plus de manifestations.
    « Nous enregistrons une augmentation notable des manifestations revendicatives, soit 895 rassemblements sur les 4 premiers mois, contre 672 en 2008, confie le directeur de cabinet du préfet de police. Nous avons dû gérer 210 rassemblements non déclarées contre 116 en 2008. Il s’agissait notamment des occupations de locaux par les étudiants et des manifestations impromptues liées aux conflits au Proche-Orient et au Sri Lanka. Pour parer à ce phénomène, nous tentons d’identifier les organisateurs de ces rassemblements avant de les placer en garde à vue. L’idée est d’engager des poursuites pour les décourager d’agir ainsi. »
  • Certains manifestants de plus en plus violents.
    « Nous avons constaté la présence quasi systématique, dans certaines manifestations mal organisées, d’éléments radicaux venus uniquement pour affronter les forces de l’ordre, soutient Alain Gibelin, directeur adjoint à la DOPC. Il s’agit principalement de gens issus des rangs de l’ultra-gauche. Ces dernières semaines, même dans les regroupements de Tamouls, nous avons relevé la présence d’éléments appartenant à cette mouvance. Ils sont très mobiles et très bien organisés. Ils infiltrent les manifestations d’étudiants
  • Un nombre croissant de policiers et gendarmes blessés.
    « Nous avons eu 92 policiers et gendarmes blessés depuis le début de l’année, contre 18 l’an passé sur la même période, poursuit le haut fonctionnaire. Certains n’hésitent plus à utiliser des feux d’artifice pour tirer sur les fonctionnaires. Ces violences sont commises à proximité des sites de dispersion. »

Au cours de ces affrontements, 1 231 personnes ont été interpellées contre 494 en 2008.

22.12.2008

Terrorisme d'extrême gauche à Bruxelles

La gauche radicale revendique deux attentats à Etterbeek et Saint-Gilles en Belgique

La paroisse Grecque-Melkite Catholique Saint-Jean Chrysostome, située à Etterbeek, a été la cible d’un attentat dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 décembre.

Réveillé et alerté par l’odeur des fortes fumées, le courageux curé de la paroisse, qui habite un appartement attenant à l’église, a pu difficilement circonscrire l’incendie qui a fait d’importants dégâts matériels. Silence radio étrange dans les média. Pourtant les auteurs sont connus, cet attentat plus un autre perpétré contre des véhicules de police à Saint Gilles ont été revendiqué par l'extrême gauche sur le site du CEMAB (Centre de Médias Alternatifs de Bruxelles).

Le CEMAB est connu pour être proche des milieux de la gauche radicale et antifasciste. La résurgence et la banalisation de tels actes laissent craindre une radicalisation violente d’une extrême gauche tentée de choisir à nouveau le terrorisme pour se faire entendre comme ce fut récemment le cas en France et en Grèce et comme elle l’avait déjà fait dans les années 80 avec les Cellules Communistes Combattantes, de sinistre mémoire.

L’attentat contre l’église Grecque

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La revendication de l’attentat contre l’église grecque

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La revendication de l’attentat contre une voiture de police à Saint-Gilles

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05.08.2008

Le Secours Rouge encourage les actes illégaux du DHKP-C

secoursrouge + dhkpc.jpgBELGIQUE. Le Secours Rouge, co-fondé par Bertrand Sassoye, n'a jamais manqué de répéter son soutien au DHKP-C, mouvement terroriste de l'extrême gauche turque.
 
Dans une brochure intitulée "Les 7 enjeux de l'affaire Bahar Kimyongür" (publiée en mars 2007), le Secours Rouge écrit notamment :
 
- (à propos de Bahar Kimyongür), "Nous ignorons si cette activité l'a amené à poser des actes illégaux (...), mais s'il l'a fait, nous estimons que cela est tout à son honneur."
 
- "Le Secours Rouge/APAPC ne professe pas un respect de principe pour la légalité (...)"
 
- "Nous n'attendons donc pas qu'une personne soit innocente pour demander sa libération."
 
- "(...) la légitimité morale et historique du choix de la lutte armée révolutionnaire faite par le DHKP-C ne souffre aucune discussion."
 
- "Il est légitime de lutter les armes à la main contre les exploiteurs et les oppresseurs du peuple."

Historique du DHKP-C

dhkpc-logo.gifTURQUIE. Le DHKP-C (Parti/Front Révolutionnaire de Libération du Peuple), organisation d'extrême gauche turque, se réfère au marxisme-léninisme radical et exprime des sympathies pour le stalinisme. Le DHKP-C est une organisation extrêmement violente et dangereuse. Il dispose d’une branche armée : les Unités Révolutionnaires Armées (Silahli Devrimci Birlikleri), qui sont à l’origine de nombreux meurtres et attentats sanglants en Turquie et en Europe.

Le DHKP-C est le successeur d'une lignée de mouvements révolutionnaires :

§         TIP (1961 - parti ouvrier de Turquie)

§         FKF (1965 - fédération des clubs de réflexion)

§         DEVRIMCI-GENçLIK - 1969 (jeunesse révolutionnaire)

§         THKP-C (1970-1972, Parti-Front de libération populaire de Turquie)

§         DEV-GENçLIK (1974-76)

§         DEVRIMCI YOL (1976-78-80, chemin révolutionnaire)

§         DEVRIMCI SOL (1978-1994, gauche révolutionnaire)

§         DHKP-C (1994)

L’utilisation, à la fois du terme parti et front, provient de divergences internes sur le type d’actions à entreprendre. Le fait d’utiliser les deux termes satisfaisait tout le monde. Les partisans du terme « parti » se référant à une activité politique et le terme « Front » faisant référence au volet activiste du mouvement.

Depuis 1988, le mouvement, sous ses différentes appellations, collabore avec les nationalistes kurdes du PKK. Jusqu’en 1992, ses hommes, qui ont été jusqu’à 5 000, s’entraînaient au Liban, sous la protection de la Syrie.

En 1990, le DHKP-C se met à viser des intérêts étrangers y compris l’attaque d’installations et de personnel diplomatique et militaire américain. En protestation à la première guerre du Golfe, le DHKP-C a assassiné 2 employés civils de l’armée américaine, blessé un officier de l’Air Force et attaqué à la bombe pas moins de 20 installations militaires, commerciales ou culturelles liées à l’OTAN et aux USA.

Le 1er novembre 1991, s’est clos le procès de 1 243 membres du mouvement. 582 ont été acquittés, soixante-six ont bénéficié d’un non-lieu, 553 ont été condamnés à une peine de prison à temps, quarante-et-un à la réclusion à perpétuité, un à mort (non exécuté).

Le chef du DHKP-C, Dursun Karatas, évadé d’une prison turque en 1980 et figurant au registre rouge d’Interpol dans 174 pays, a été arrêté en France en 1994, puis libéré par les autorités françaises (février 1995).

Le 20 octobre 2000, le DHKP-C lance un mouvement de grève de la faim contre la réforme des prisons, laquelle vise à transférer les prisonniers politiques vers des établissements pénitentiaires de haute sécurité (prisons de type F) inspirés du modèle US et répondant officiellement aux normes européennes. Les prisonniers du DHKP-C entrent en « jeûne jusqu’à la mort » pour protester contre leur mise en isolement dans des cellules individuelles où ils se plaignent des mauvais traitements. En fait, ils veulent rester groupés afin de pouvoir continuer une activité politique au sein même des prisons qui sont pour certaines sous le contrôle interne des membres de l’organisation. En effet, cette réforme des prisons prévoit la fin de l’organisation en dortoirs (contenant de 30 à 100 personnes) et le passage à des cellules à taille humaine (de une à quatre personnes). Pendant longtemps, ces dortoirs étaient des zones de non droit où les groupes armés faisaient régner leurs propres lois, les transformant en camps de formation militaire et idéologique. Si le DHKP-C réagit aussi violemment à cette réforme, poussant ses militants à la mort à travers des « jeûnes », c’est tout simplement parce qu’elle signifiait la fin de son hégémonie dans les prisons. Durant ces sept années de résistance à cette réforme, plus de 100 membres du DHKP-C perdirent la vie.

En 2001, le DHKP-C a commencé à commettre des attentats-suicides contre la police turque (en janvier et septembre).dhkpc-armes.jpg

Le DHKP-C est depuis 2002 sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ainsi que celle établie par les États-Unis. Au printemps 2004, une opération conjointe des polices turque, belge, allemande, néerlandaise et italienne, fondée sur 56 000 heures d’écoutes téléphoniques, aboutit à l’arrestation d’une quarantaine de personnes, suspectées de cinq attentats commis en Turquie pendant l’année 2003.

Selon les estimations, le DHKP-C a fait 350 victimes et a lui-même subi la perte de 900 militants abattus ou morts en détention suite à leur grève de la faim.

Le DHKP-C compterait plusieurs dizaines de militants opérationnels dans la structure militaire de l’organisation.

Le DHKP-C peut compter sur un important réseau de sympathie dans la diaspora turque en Europe, ainsi qu'auprès de différentes organisations d'extrême gauche en Europe.

Le DHKP/C est unanimement désigné comme une organisation meurtrière et très dangereuse, y compris par les organisations de défense des droits de l’homme (Human Watch, Amnesty International...).

26.06.2008

Bref historique des CCC

BELGIQUE. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC) sont mises sur pied en juin 1983 par des militants marxistes-léninistes. 

Le 12 mai 1984, les futures CCC sans doute appuyées par des communistes allemands et français attaquent la caserne du 3è Régiment de Chasseurs Ardennais à Vielsalm pour y voler des armes qui équiperont les CCC mais aussi le groupe terroriste français Action Directe. Surpris par l’officier de garde, ils le blessent d'une rafale d'arme automatique. A noter que Bertrand Sassoye, futur CCC, avait fait un début de service militaire à cette caserne avant d’en déserter. On retrouvera de nombreuses armes volées dans les caches des CCC mais pas toutes…

Le 2 juin 1984, à nouveau associés en commando mixte franco-belgo-allemand, les CCC volent 816 kg d’explosifs (Tolamite, Irémite, Trianite et dynamite) dans le dépôt d'explosifs de la carrière de Scoufflény à Ecaussines (Hainaut belge). Ces explosifs serviront longtemps et dans de nombreux attentats commis par les Cellules Communistes Combattantes mais aussi par Action Directe et par l'organisation terroriste allemande Fraction Armée Rouge (RAF), notamment pour l'attentat commis le 18 décembre 1984 à Oberammergeau (Allemagne) contre l'école des officiers de l'OTAN (SHAPE School).

Leur premier attentat a lieu le 2 octobre 1984 et vise les locaux de la firme américaine Litton, dans la commune bruxelloise d'Evere. Les attaques des CCC vont ensuite se suivre, de semaine en semaine. Au total, 28 attaques à la bombe et actions de propagande seront commises par les CCC, entre le 2 octobre 1984 et le 6 décembre 1985. Un record absolu dans l'histoire des mouvements terroristes d'extrême gauche en Europe de l'Ouest.

Le 3 octobre 1984, les CCC attaquent à l'aide de carburant et de bombes incendiaires les camions entrposés au dépôt de la société MAN Truck & Bus de Dilbeek.

Le 15 octobre 1984, les CCC attaquent à l'explosif le siège de la Fondation Internationale Jean Rey et du Centre Paul Hymans à Ixelles (Bruxelles), institutions liées au parti libéral.

Le 17 octobre 1984, les CCC attaquent à l'explosif le secrétariat du CVP (parti social-chrétien flamand) de l'arrondissement de Gent-Eeklo, arrondissement électoral du premier ministre de l'époque, Wilfried Martens (CVP).

Les campagnes des CCC sont thématiques et ciblent ceux qu'ils appellent des symboles du système capitaliste, de l'impérialisme américain et de l'État belge : des entreprises impliquées dans la production de matériel militaire, les sièges ou locaux de partis politiques gouvernementaux, des infrastructures militaires belges, de la gendarmerie et de l'OTAN, des sièges du patronat belge et des banques. Les CCC agissent sur l'ensemble du territoire belge. Le 11 décembre 1984, ils organisent une opération de grande envergure contre les oléoducs de l'OTAN traversant la Wallonie. 

Le 15 janvier 1985, les CCC attaquent à la voiture piégée un centre de l'OTAN à Sint-Stevens-Woluwe et dédient leur attentat aux prisonniers de la Fraction Armée Rouge (RAF) en grève de la faim collective depuis décembre 1984.

Le 1er mai 1985, deux pompiers sont tués lors de l'explosion d'une camionnette placée aux pieds du siège du patronat belge, dans le centre historique de Bruxelles.

Le 20 octobre 1985, les CCC lancent un cocktail molotov contre la voiture de Pierre Galand, dirigeant du Comité National d'Action pour la Paix et le Développement et se justifient en dénonçant le "pacifisme petit-bourgeois".

Les 4 et 5 novembre 1985, les CCC attaquent quatre banques. Au cours de l'attaque à la voiture piégée du siège bruxellois de la Banque Bruxelles Lambert (BBL), les CCC tirent une rafale d'arme automatique sur un vigile. Le siège de la Société Générale de Banque à Charleroi est attaqué en plein jour le 4 novembre au matin. Le siège de la Manufacturer Hanover Bank à Charleroi et celui de la Kredietbank à Louvain sont également attaqués.

La dernière action des CCC a lieu le 6 décembre 1985, conjointement avec un « groupe de communistes internationalistes » français, jusqu'alors inconnu. Leur cible : le réseau des oléoducs de l’OTAN (CEPS). Le 16 décembre suivant, une importante opération policière met fin aux actions des CCC. Son noyau dirigeant, composé de Pierre Carette et Bertrand Sassoye, ainsi que deux activistes provenant de la structure légale de propagande des CCC (le collectif Ligne rouge) et passés récemment en clandestinité sont arrêtés à Namur dans un fast food Quick.

Pour soutenir les CCC et pour continuer à propager leurs thèses politiques, l’Association des parents et amis des prisonniers communistes (APAPC) apparaît quelques jours après leur arrestation. Les quatre terroristes CCC seront condamnés, le 20 octobre 1988, à la perpétuité. Plusieurs campagnes réclamant leur libération seront organisées par l'APAPC. Didier Chevolet est le premier à sortir de prison, en 2000. Ensuite cela sera au tour de Pascale Vandegeerde, le 4 février 2000, Bertrand Sassoye, le 10 juillet 2000 et enfin Pierre Carette, le 25 février 2003.

Le 5 juin 2008, aux côtés d'autres militants ou proches de l'association Secours Rouge, Bertrand Sassoye est à nouveau arrêté pour « appartenance à une organisation terroriste ».

25.06.2008

Des parlementaires de gauche visitent Wahoub Fayoumi

Belgique. Une délégation de parlementaires, menée par le député PS Jean Cornil et l’Ecolo Fouad Lahssaini, a rencontré mardi après-midi Wahoub Fayoumi, incarcérée à Forest, depuis le 5 juin, sous l’inculpation « d’appartenance à une organisation terroriste ».

prison.jpgWahoub Fayoumi (35 ans), journaliste de la RTBF (et suspendue par la RTBF depuis son incarcération) était connue comme une militante activiste en faveur des immigrés en situation illégale. Devenue journaliste sur le tard (elle a commencé à travailler pour le Journal Télévisé en octobre 2006), elle travaillait précédemment au cabinet de Françoise Dupuis à l'époque où celle-ci était ministre socialiste en charge de l'Enseignement et de la Recherche scientifique. En février 2003, elle avait participé à une altercation avec les forces de l'ordre lors d'une manifestation devant le centre 127 bis de Steenokkerzeel. Au Journal Télévisé, elle travaillait pour la cellule "société". A ses débuts, certains membres de la hiérarchie de l'information de la RTBF avaient dû la "recadrer" à deux reprises pour "empathie" trop importante avec certains sujets, à savoir les grèves étudiantes à l'ULB et les sans-papiers.

Wahoub Fayoumi est inculpée "d'appartenance à une organisation terroriste" dans le cadre d'une enquête qui commence en Italie à propos des activités du PCPM, parti communiste politico-militaire. Le PCPM est suspecté d'avoir préparé des attentats, notamment contre Silvio Berlusconi et contre des média. Les enquêteurs italiens avaient trouvé chez un responsable du PCPM des photos et des données anthropométriques concernant Wahoub Fayoumi, Bertrand Sassoye (terroriste des CCC, Cellules Communistes Combattantes), Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Hormans (connu comme gangster). Les enquêteurs italiens avaient également découvert chez des membres du PCPM du matériel destiné à la confection de faux papiers, des Kalachnikovs et des munitions ainsi que les archives des Brigades Rouges, organisation terroriste bien connue, active en Italie dans les années 70 et 80.

Wahoub Fayoumi doit en effet comparaître ce mercredi devant la chambre des mises en accusation, tout comme les trois autres inculpés, Bertand Sassoye, Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Horsmans.

 

La délégation de parlementaire venue visiter Wahoub Fayoumi était composée des socialistes Jean Cornil, Sfia Bouarfa et Julie Fiszman ainsi que des écologistes Fouad Lahssaini, Céline Delforge et Zoé Genot.