27.06.2008

Wahoub Fayoumi réintègre la RTBF !

rtbf.jpgLa journaliste de la RTBF Wahoub Fayoumi, libérée jeudi de la prison de Berkendael, mais toujours inculpée pour "appartenance à une organisation à vocation terroriste" rencontrait ce vendredi matin la direction de la chaîne. Celle-ci a décidé de l'affecter à un service de documentation, a indiqué la RTBF.

Les quatre militants du Secours Rouge arrêtés le 5 juin ont diffusé vendredi dans le quotidien "Le Soir" une lettre décrivant leurs motivations et affichant clairement leurs convictions communistes. Dans une interview accordée par Wahoub Fayoumi alors qu'elle était encore en cellule et publiée ce jeudi par l'hebdomadaire "Télémoustique", elle réaffirmait encore : "Mes convictions sont des convictions communistes".

La réaffecter à la rédaction du Journal Télévisé permettrait à ses détracteurs de rebaptiser la RTBF en Radio-Télévision Bolchévique Francophone. 

La RTBF a demandé dans son journal de la mi-journée à l'Association des Journalistes Professionnels si ce militantisme était compatible avec l'exercice de la profession de journaliste. "Oui, mais il faut savoir faire un pas de côté quand on doit couvrir des sujets pour lesquels ont est également militant", a déclaré Martine Simonis, secrétaire générale de l'AJP. "Les journalistes sont formés pour pouvoir mettre leurs idées de côté quand ils travaillent." Il n'empêche qu'entrée sur le tard en journalisme, Wahoub Fayoumi avait déjà été à deux reprises "recadrée" par la direction de l'information de la RTBF pour "empathie" vis-à-vis des sujets traités, à savoir les grèves à l'ULB et les sans-papiers. Un engagement politique aussi affirmé que le sien couplé avec une activité de journalisme ne relève-t-elle pas d'une perception schizophrénique nécessitant que deux esprits distincts cohabitent en un seul corps ?

La Société des Journalistes de la RTBF n'a pas souhaité faire de commentaire. Wahoub Fayoumi reprendra le travail lundi. Elle sera affectée à un service de documentation.

25.06.2008

Des parlementaires de gauche visitent Wahoub Fayoumi

Belgique. Une délégation de parlementaires, menée par le député PS Jean Cornil et l’Ecolo Fouad Lahssaini, a rencontré mardi après-midi Wahoub Fayoumi, incarcérée à Forest, depuis le 5 juin, sous l’inculpation « d’appartenance à une organisation terroriste ».

prison.jpgWahoub Fayoumi (35 ans), journaliste de la RTBF (et suspendue par la RTBF depuis son incarcération) était connue comme une militante activiste en faveur des immigrés en situation illégale. Devenue journaliste sur le tard (elle a commencé à travailler pour le Journal Télévisé en octobre 2006), elle travaillait précédemment au cabinet de Françoise Dupuis à l'époque où celle-ci était ministre socialiste en charge de l'Enseignement et de la Recherche scientifique. En février 2003, elle avait participé à une altercation avec les forces de l'ordre lors d'une manifestation devant le centre 127 bis de Steenokkerzeel. Au Journal Télévisé, elle travaillait pour la cellule "société". A ses débuts, certains membres de la hiérarchie de l'information de la RTBF avaient dû la "recadrer" à deux reprises pour "empathie" trop importante avec certains sujets, à savoir les grèves étudiantes à l'ULB et les sans-papiers.

Wahoub Fayoumi est inculpée "d'appartenance à une organisation terroriste" dans le cadre d'une enquête qui commence en Italie à propos des activités du PCPM, parti communiste politico-militaire. Le PCPM est suspecté d'avoir préparé des attentats, notamment contre Silvio Berlusconi et contre des média. Les enquêteurs italiens avaient trouvé chez un responsable du PCPM des photos et des données anthropométriques concernant Wahoub Fayoumi, Bertrand Sassoye (terroriste des CCC, Cellules Communistes Combattantes), Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Hormans (connu comme gangster). Les enquêteurs italiens avaient également découvert chez des membres du PCPM du matériel destiné à la confection de faux papiers, des Kalachnikovs et des munitions ainsi que les archives des Brigades Rouges, organisation terroriste bien connue, active en Italie dans les années 70 et 80.

Wahoub Fayoumi doit en effet comparaître ce mercredi devant la chambre des mises en accusation, tout comme les trois autres inculpés, Bertand Sassoye, Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Horsmans.

 

La délégation de parlementaire venue visiter Wahoub Fayoumi était composée des socialistes Jean Cornil, Sfia Bouarfa et Julie Fiszman ainsi que des écologistes Fouad Lahssaini, Céline Delforge et Zoé Genot.